L'approche systémique - Par Jacques St-Onge, psychologue, spécialiste à l'approche systémique.


L'utilisation de l'hypnose dans un contexte thérapeutique






En thérapie, l'utilisation de l'hypnose apporte parfois une aide considérable et peut même, dans certains cas être la clé du succès. Cependant il est important de bien la comprendre car elle fait l'objet de plusieurs mythes. L'hypnose est définie par le dictionnaire Larousse comme un « état de sommeil artificiel provoqué par suggestion », ou encore une « technique de suggestion propre à provoquer cet état ». En fait, l'hypnose est aussi loin du sommeil qu'il est possible de l'être. En effet, l'hypnose est un état qui est caractérisé par une élévation de la suggestibilité (capacité d'être sensible à des suggestions). Alors, la conscience ou le comportement de l'individu peut être altéré sans que celui-ci semble consciemment vouloir ce qui se passe. Environ quinze pour-cent des gens sont très facilement hypnotisables (le simple fait de savoir qu'ils vont être hypnotisés est suffisant pour qu'ils le deviennent). Un autre quinze pour-cent est si difficile à hypnotiser qu'il semble impossible d'y parvenir. Il en reste soixante-dix pour cent que l'on peut diviser en deux parties, ceux qui peuvent y arriver avec la répétition et ceux qui sont normalement hypnotisables.

L'auteur utilise l'hypnose surtout pour des problèmes physiques : douleurs, opérations, etc. et pour faciliter le processus thérapeutique.

Exemples de douleurs

1- Une femme subit une intervention chirurgicale pour un cancer du sein. La douleur l'empêche de lever son bras. Après une seule séance, elle peut déplacer son bras à sa guise.

2- Un homme se fait faire la vasectomie le matin et consulte en après-midi. À son arrivée, il descend en se tenant à la rampe et se déplace péniblement. à la fin de la séance, il remonte l'escalier en courant.

3- Ces deux exemples, qui ont fonctionné rapidement, illustrent ce qui peut se produire quand la personne est très suggestible ou très hypnotisable.

Un exemple de facilitation de processus thérapeutique
 
1- Une famille consulte parce que la mère est anxieuse. Le fils aîné et le père se chicanent continuellement mais la relation entre la mère et le fils semble satisfaisante. Le père se plaint que la mère et le fils soient très différents de lui, au point qu'il a l'impression de ne pas faire partie de la famille. La mère se plaint de faire de l'anxiété quand le père et le fils se disputent. Il a été convenu de traiter la mère par hypnose pour alléger son anxiété. Le père était très étonné de voir la mère hypnotisée, ce qui a spontanément induit, chez lui, l'état d'hypnose. Le fils, pour ne pas être laisseé pour contre, a demandé à être hypnotisé lui aussi. Tous trois sont repartis avec une expérience commune qui a confirmé qu'ils provenaient de la même famille. Le père a été rassuré sur son acceptation par la famille. La mère a été rassurée sur la capacité du père à être sensible. Et le fils a pu les aimer tous les deux. Cette expérience commune les a rendus « plus semblables » et les a aidés à se mieux fonctionner ensemble par la suite.

2- Un homme veut cesser de fumer. Après avoir tenté de savoir pourquoi il tenait tant à cesser de fumer, et, satisfait des réponses, l'hypnose est envisagée, malgré le peu d'éléments en faveur d'un résultat positif. De fait, la séance d'hypnose n'a pas fonctionné, car selon lui, « il devait dormir ». Cet homme croit, même après des explications à l'effet contraire, que le « sommeil profond » est le signe principal qu'il était hypnotisé : pas de sommeil, pas d'hypnose. Il continue toujours de fumer.

Ces exemples nous aident entre autres à comprendre à quel point la vision de la personne traitée a une influence sur le résultat du traitement. L'hypnose aura un effet positif en autant que la personne soit ouverte à la thérapie. Elle peut aussi provoquer des changements surprenants dans plusieurs cas. Il revient donc au psychologue le soin de déterminer dans quelles circonstances cette technique doit être utilisée.






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